L'histoire de la Ligier JS2

d'aprés un article de Th.Lesparre pour la Revue du Club SM de France - n°66 - Avril 2006

Au revoir Ford, bonjour Maserati ...

CĂ´tĂ© motorisation rien n’est encore dĂ©cidĂ©, il se murmure en effet que le modèle de sĂ©rie serait dotĂ© d’un V6 Maserati. Dans les deux cas la JS2 sera Ă©quipĂ©e d’une boĂ®te SM 5 rapports synchronisĂ©s. Le prix de vente de la nouvelle Ligier devrait avoisiner les 59 000 Francs,cependant aucune date de commercialisation n’est encore avancĂ©e. Au lendemain du salon, l’annonce tombe comme un couperet, Ford qui dĂ©sire dĂ©velopper sa propre Grand Tourisme la GT70, ne fournira pas de moteur au constructeur Vichyssois ! Le salut passe maintenant par CitroĂ«n, qui a pris le contrĂ´le total de Maserati en 1971. Un accord est conclut durant l’hiver 70-71 avec  Raymond Ravenel pour la fourniture des blocs V6 Maserati. L’ingĂ©nieur maison et concepteur de la JS2, Michel TĂŞtu se met au travail et redessine le berceau arrière du prototype la JS2 afin de pouvoir y adapter le V6 Italien dans sa version 2670 cm3 ( le mĂŞme que celui qui Ă©quipe la SM ). Il dĂ©veloppe 170CV Ă  5500 t/min et devrait permettre de propulser les 1030 kg de la JS2 Ă  plus de 230 Km/h. La carrosserie subira quelques retouches au niveau de la face avant, dans les ateliers Pichon- Parat Ă  Sens. La première JS2 Ă  moteur Maserati, sera prĂ©sentĂ©e au public lors du salon de Paris en octobre 1971. Son prix est fixĂ© Ă  74 000 Fr, soit 15800 Fr de plus que la  SM. Les premières JS2 seront livrĂ©es en Novembre 72.

La Ligier JS2 victime du choc pétrolier

En FĂ©vrier 73, la Ligier JS2 adopte le V6 de la Merak. La cylindrĂ©e passe de 2670 Ă  2965 cc, ce qui se traduit par gain de puissance de 25 CV par rapport Ă  la version prĂ©cĂ©dente et par la mĂŞme occasion par une augmentation de son prix de vente qui passe Ă  74 500 Fr. En avril 1974, le partenariat avec CitroĂ«n se renforce. Guy Ligier peut dorĂ©navant compter sur le rĂ©seau CitroĂ«n pour distribuer ses voitures. Suite au premier choc pĂ©trolier, le contexte Ă©conomique ambiant n’est pas des plus favorable pour la commercialisation de voitures de sport. Les ventes de Maserati ont chutĂ© de 738 unitĂ©s en 73 Ă  moins de 500 en 1974. En ce qui concerne la SM le constat est encore plus inquiĂ©tant, la production est passĂ©e de 2673 unitĂ©s en 73 Ă  seulement 294 en 1974, et seulement une cinquantaine furent assemblĂ©e dans l’usine d’Albrest durant le premier trimestre de 1975. Parallèlement la production  de la JS2 a carrĂ©ment cessĂ©.


Porsche et Ferrari en ligne de mire

Après s’être illustrée en course tout au long de la saison 69, la Ligier JS1 laisse la place à une version plus civilisée, baptisée JS2. Le prototype de la dernière née des ateliers d’Albrest est présenté lors du salon de Paris 1970. Dessinée comme sa devancière par Pietro Frua, elle est équipée pour l’occasion d’un V6 Ford 2600 cm3 à injection de 165ch.

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Une dernière évolution

Cette interruption forcĂ©e a Ă©tĂ© mise Ă  profit par Guy Ligier pour remanier profondĂ©ment sa GT. L’ultime Ă©volution de la JS2, facilement reconnaissable Ă  ses phares escamotables et ses roues Ă  5 Ă©crous, est prĂ©sentĂ©e lors du salon de Genève 1975. Le prix de vente est fixĂ© Ă  80 000 Francs.  Seulement sept Ligier JS2 dernière gĂ©nĂ©ration seront assemblĂ©es, sur une production totale qui n’a vraisemblablement jamais atteint les 100 unitĂ©s.



La Ligier JS2 en course


Conçue autour d’un châssis en aluminium, la version compétition de la JS2 est équipée d’une caisse allégée en plastique. La motorisation utilisée est un V6 Maserati de 3 litres de cylindrée dont la puissance est portée à 270 CV.

Du rallye au circuit

La première saison en compétition de la JS2 se résume par une succession d’abandons, exception faite de la victoire de Piot lors du Rallye de Bayonne. En vue de la saison 73, Michel Beaujon en charge du développement de la JS2 suite au départ de Michel Têtu, va remanier la JS2 en profondeur. La Ligier adopte une nouvelle face avant ainsi qu’un imposant aileron arrière qui lui confère un look beaucoup plus agressif que sa devancière. La firme Maserati de son côté accentue ses efforts, en fournissant un V6 à carter sec spécifique pour la course qui développe 330 CV. Les résultats ne sont toujours pas au rendez-vous, pire la seule JS2 à rallier l’arrivée lors des 24 Heures du Mans cette année là est la JS2 de 1972 des privés Martial Delalande, Jacques Marché et Claude Laurent.

De BP Ă  Total

Sur la version 74 l’aérodynamique est encore affiné. La Maserati qui a encore gagné une dizaine de chevaux est maintenant alimentée par une prise d’air situé sur le toit. Face aux prototypes Matra et Alfa-Roméo, les Ligier JS2 sont condamnées à jouer les seconds rôles. Guy Chasseuil signe tout de même une belle victoire lors des 24 Heures du Mans. La récompense arrivera enfin lors du Tour de France Automobile où la Ligier JS2 de G.Larrousse/JP.Nicolas/J.Rives et celle de B. Darniche/J.Jaubert décrochent les deux premières places.

Au revoir Maserati, bonjour Ford ...

Les difficultés rencontrées par Maserati poussent Guy Ligier à monter un Cosworth DFV sur ses JS2 pour la saison 75. Sur les trois voitures engagées lors des 24 Heures du Mans cette année là, deux sont à moteur Cosworth tandis que la troisième est équipée d’un Maserati. Les deux Jean-Pierre Beltoise et Jarier préfèrent optent pour la fiabilité et prendront le départ au volant du modèle 74. Malheureusement Jean-Pierre Beltoise sera impliqué dans un accrochage avec une Ferrari. La JS2 Maserati n°97 jugée la plus fiable sera la première à abandonner ! Une Ligier à moteur Cosworth finira tout de même sur la seconde marche du podium, ce qui restera le meilleur résultat d’une JS2 au Mans.

Ligier tourne la page

On ne reverra plus jamais de JS2 usine en course, seulement quelques privées se risqueront en course de côte ou en rallye au volant de la Ligier jusque dans la fin des années 70.